J.C.F. Bach: Sonatas pour traverso & clavecin: Ayumi Sunazaki & Marie Van Rhijn (LBE21)

Cet album est disponible en intégralité à la vente sur la Boutique.

Cet album comprend les oeuvres suivantes:
Johan Christophe Friedrich BACH (1732-1795) Johann George TROMLITZ (1725-1805)*
Sonata IV pour traverso & clavecin en do majeur*
Sonata I pour traverso & clavecin en ré mineur
Sonata V pour traverso & clavecin en la majeur
Solfeggio en ré majeur pour clavecin solo
Partita I pour traverso solo en ré majeur)
Canzonette avec variations « Ah, vous dirai-je, Maman »

Troisième des quatre fils musiciens de Johann Sebastian Bach, Johann Christoph Friedrich Bach (1732- 1795) a bénéficié de l’enseignement de son père ; on suppose qu’il a également étudié le droit à l’Université de Leipzig, sa ville natale. Sa vie a été consacrée à la musique, au service du Comte Guillaume Schaumburg-Lippe. Musicien à la cour de Bückeburg, il y a obtenu le titre de Konzertmeister en 1759. L’année suivante, il voyage en Angleterre auprès d’un de ses frères, mais revient à Bückeburg pour ne plus quitter cette ville, à laquelle il a donné une vie musicale riche. Son oeuvre variée explore la musique vocale (cantates, lieder) ou les quatuors à cordes, mais laisse une place prépondérante au répertoire pour le clavier. Les six sonates pour clavier obligé et accompagnement de flûte – Sechs Sonaten für das Clavier mit Begleitung einer Flöte oder Violine, publiées à Riga en 1777 par Johann Friedrich Hartknoch, expriment les styles et tensions contradictoires présentes dans son oeuvre, entre classicisme, Sturm und Drang et style galant. Le terme « Clavier » à l’époque désigne aussi bien le clavecin que le pianoforte et le clavicorde, comme le rappelle Daniel Gottlob Türk dès les deux premiers paragraphes d’introduction à sa Clavierschule (1789). Après avoir essayé avec chacun de ces instruments à clavier, nous avons choisi de présenter une version avec le clavecin allemand copie de Zell fabriqué par le facteur Marc Ducornet. Trois sonates sont présentées ici, en do majeur, la majeur et ré mineur, ainsi que deux autres oeuvres pour clavier de Johann Christoph Friedrich Bach, dont son Solfeggio, mis en regard avec la Partita I pour flûte seule de Johann George Tromlitz (1725-1805), mentionnée dans le catalogue de Frans Vester « Flute Music of 18th Century », compositeur reconnu en tant que facteur de flûte et pédagogue. La sonate en do majeur propose un dialogue franc et joyeux entre le clavecin et la flûte, où se noue au second mouvement un dialogue tendre et amoureux entre les deux instruments. Cet andante amoroso évoque une scène d’opéra, interrompue par un menuet d’une réjouissance insolente, propre au caractère décrit pour cette tonalité de do majeur par Mattheson en 1713. La sonate en la majeur est peut-être la plus « italienne » des trois, faisant penser à la cohabitation du compositeur avec deux collègues italiens à la cour de Bückeburg : Angelo Colonna et Giovanni Battista Serini. Plus tourmentée, la sonate en ré mineur est la plus originale. Son second mouvement exige du clavecin qu’il joue à la fois le rôle d’un chanteur ou d’un instrument mélodique dans des récitatifs ainsi que l’accompagnement ; la flute le rejoint pour apporter une touche orchestrale. Ici encore, la joie gagne le Finale de la sonate dans un troisième mouvement Allegro aux allures de menuet. Nous avons également choisi d’interpréter le Solfeggio de sorte qu’il fasse office de prélude à la partita en ré majeur de Tromlitz. Celle-ci, bien qu’écrite pour flûte seule, sous-entend habilement d’autres voix tel qu’une partie de clavecin dans le style de J.C.F. Bach et, comme l’affirme Johann Adam Hiller (collègue de Tromlitz au Grosse Konzert à Leipzig), montre l’aspect chantant, plaisant, ainsi que toute la dimension soliste de son instrument, souvent considéré à cette époque comme partie d’accompagnement. Clin d’oeil et regard vers l’Europe, la « Canzonette with variations » nous plonge dans le célèbre « Ah, vous dirai-je, Maman », et fut publiée à Londres par John Welcker, mais sous le nom de Johann Christian Bach, plus connu dans la capitale britannique que son frère. Le manuscrit, daté de 1770 est conservé à la Staatsbibliothek de Berlin, et le seul exemplaire qui nous soit parvenu de l’édition Welker est conservé à la British Library à Londres. Pour cette pièce, publiée pour clavier seul, nous avons choisi d’adjoindre pour certaines variations une partie d’accompagnement par la flûte, comme dans les sonates qui font l’objet de ce disque. C’était en effet une pratique très appréciée au XVIIIe siècle, et le répertoire regorge d’exemples y compris chez les plus illustres compositeurs tels Wolfgang Amadeus Mozart, le Chevalier de Saint Georges ou encore Luigi Boccherini. Cela nous a semblé approprié au côté ludique de la formation en duo, offrant beaucoup de liberté, et à l’atmosphère d’amitié humaine et musicale qui se nourrit des univers de chacune

Ayumi Sunazaki: traverso
Flûtiste sur instruments modernes et anciens, Ayumi Sunazaki a obtenu les prix de flûte et musique de chambre au CRD de Montreuil auprès d’Emmanuelle Ophèle puis au CRR d’Aubervilliers la Courneuve auprès de Fabienne Lubrano ainsi que le Master en traverso au Koninklijk Conservatorium de Bruxelles dans la classe de Barthold Kuijken. Enseignante au CRD de Montreuil et à Champlan, elle se produit dans des formations variées.

Soliste et continuiste, Marie van Rhijn se produit dans les festivals les plus prestigieux et les plus grandes salles internationales – Philharmonie de Paris, La Seine Musicale (FR), Royal Albert Hall, Barbican Center (GB), Lincoln Center (USA), , Musikverein et Theater an der Wien (AT), Rudolfinum (CZ), Teatro del Canal, Palau de la Musica (ES), Tchaikovsky Concert Hall (RU), Festival d’Aix-en-Provence,  Classique au large, Festival de radio-France, Flâneries Musicales de Reims, Festival Dans les Jardins de William Christie, Festival de Beaune, Festival Oude Musik Utrecht (BE), Festival d’Innsbruck (AT), Festival de Spoleto (IT).
Elle est claveciniste et chef de chant pour l’ensemble les Arts Florissants de William Christie et Paul Agnew, et est invitée à travailler avec de nombreux ensembles et institutions, comme l’ensemble Amarillis, le Centre d’Art Vocal et de Musique Ancienne de Namur, la Fenice, les Folies Françoises, les Musiciens de Saint Julien, Les Epopées, Insula orchestra, les Talens Lyriques, l’ensemble Matheus, Cappella Mediterranea.
Originaire de Calais, Marie van Rhijn étudie avec Ilton Wjuniski, Olivier Baumont, Blandine Rannou, Kenneth Weiss, Noëlle Spieth et Stéphane Fuget. Après le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris (Master de clavecin et basse continue) et la Sorbonne (Master de Musicologie), elle a été choisie pour les tournées de l’Orchestre Français des Jeunes. La Handel House à Londres l’a sélectionnée pour faire partie de leurs six jeunes solistes de l’année 2014-2015, et elle a été choisie pour la résidence Haendel avec Emmanuelle Haïm au Festival d’Aix en Provence en 2015. Soutenue par les fondations Delacour, SYLFF, Adami, Société Générale, Meyer et Tarrazi, elle est également lauréate de plusieurs concours internationaux (Harpsichord Broadwood competition (UK), Middelburg international early music competition (Pays-Bas), FNAPEC (France), Moscow Volkonsky international harpsichord competition et Biber international competition (Russie et Autriche).
Titulaire du CA et du PEA, elle enseigne le clavecin et la basse continue au CRR de Cergy-Pontoise depuis six ans. Elle a enseigné la didactique du clavecin au Pôle Sup 93’, et l’accompagnement sur claviers anciens au CMA du 11e arrondissement à Paris.
En 2019-2020, elle participe à une création d’Agathe Mélinand autour d’Anna Madalena Bach pour la Compagnie Pel-Mel, aux festivals de printemps et d’été des Arts Florissants, aux Grands Motets de Lully à Versailles avec Les Epopées, aux Indes Galantes sous la baguette de Leonardo Garcia Alarcon.
Après avoir dirigé pour les Arts Florissants le Beggars Opera mis en scène par Robert Carsen, elle renoue cette année avec la direction, invitée par l’Orchestre de l’Opéra Royal pour un concert et un disque « Stabat Mater » avec le label Château Versailles Spectacle.
Marie van Rhijn est artiste en résidence, cette saison, pour le Centre de Musique baroque de Versailles, et lauréate de la bourse FoRTE pour les Jeunes Talents d’Ile-de-France.

Crédits:
Remerciements Photographe : Jonathan AOMAR WEISS Relecture du texte : Pascal DUC Instruments : Clavecin école Allemagne du Nord (Zell, Hamburg 1728) : Marc DUCORNET & Emmanuel DANSET à Paris, 2016 Traverso : copie de G.A.Rottenburgh (1709-1790) : Rudolf TUTZ à Innsbruck, 2018 Accord par Solène MANCEAUX : Tempérament Kirnberger III, diapason 415 Enregistré du 21 au 23 octobre 2018, auditorium Jean-Baptiste Lully, CMA 11e, Paris Direction artistique : Antoine PAGNIER Prise de son, Mixage & Mastering : Jean-Christophe BANASZAK/Studio CSD Montage : Solène MANCEAUX Nous tenons à remercier chaleureusement : Marc DUCORNET & L’Atelier Marc Ducornet Yves GRUSON et l’équipe du Conservatoire Municipal d’Arrondissement Charles Münch (11e arrondissement) Paris pour le prêt de l’auditorium Pascal DUC Solène MANCEAUX Nos donateurs Ulule : Nathalie ADAM, Claude AUBAGUE, Anne AUBERT-MOULIN, Cyril AUVITY Yann BRETON, François BRUEL, Di CHEN, Florence DESTIVELLE, Martine DESTIVELLE, Alice GREGORIO, Knüt & Morgane JACQUES LE CORRE, Sylvain LAUNAY, Martin LOEHNIG, Gaëll LOZAC’H, Myriam MAHNANE, Emmanuelle OPHÈLE, Fabienne PABLO, Sandrine PAGES, Dominique PAGNIER, Monique POINSOT, Anabelle PULCINI, Florian REZENTHEL, Laurence THOUMELIN, Marie-Dominique TROMPETTE, Thierry TROPEE, Jenny & Adrien VAN RHIJN.

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